Partager l'article ! Lettre de l'élève infirmière à l'approche de sa mort: J'ai peur ! Je suis élève infirmière et je vais mourir. J'écris cette le ...
Accompagnement de la personne
en fin de vie
"Quand la déraison dépasse la raison, il y a encore quelque chose à faire"
"Il faut du
temps pour mourir comme Il en faut pour naître,
certains en ont plus besoin que d'autres"
Le service téléphonique qui informe
ou écoute toutes les questions
relatives à la fin de vie
- 0 811 020 300 -
du lundi au samedi de 8h00 à 20h00
(Prix d'un appel local)
Document à télécharger sur le site
de l’Institut national de prévention
et d’éducation à la santé (Inpes) : ![]()
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Numéro national contre la maltraitance
des personnes âgées
et des adultes handicapés
qui se sentent victimes de maltraitance
J'ai peur !
Je suis élève infirmière et je vais mourir.
J'écris cette lettre à vous toutes qui vous préparez à devenir infirmière, dans l'espoir de vous faire partager ce que je ressens, afin qu'un jour vous soyez peut-être mieux capables d'aider les
mourants.
J'ai encore à vivre entre un et six mois, un an peut-être, mais personne n'aime aborder ce sujet.
Je me trouve donc en face d'un mur solide et désert qui est tout ce qui me reste. Le personnel ne veut pas voir le malade mourant en temps que personne et par conséquent ne peut communiquer avec
moi. Je suis le symbole de votre peur, quelle qu'elle soit , de votre peur de ce que nous savons que nous devrons tous affronter un jour.
Vous vous glissez dans ma chambre pour me porter mes médicaments ou prendre ma tension, et vous vous éclipsez une fois votre tâche accomplie.
Est-ce parce que je suis élève infirmière ou
simplement est-ce en tant qu'être humain que j'ai conscience de votre peur et sais que votre peur accroît la mienne ?
De quoi donc avez vous peur ?
C'est moi qui meurt.
J'ai conscience de votre malaise mais je ne sais que dire ni que faire. Mais je vous prie de me croire, si vous vous souciez de moi, vous ne
pouvez me faire de mal. Admettez seulement que vous avez ce souci : je n'ai besoin de rien d'autre. Ne vous sauvez pas. Patientez. Tout ce que j'ai besoin de savoir, c'est qu'il y aura quelqu'un
pour me tenir la main quand j'en aurai besoin.
J'ai peur.
Peut-être êtes vous blasés sur la mort: pour moi, c'est nouveau.
Mourir, ça ne m'est jamais arrivé.
C'est en quelque sorte l'occasion unique. Vous parlez de ma jeunesse , mais quand on est en
train de mourir, on n'est plus tellement jeune. Il y a des choses dont j'aimerais parler: ça ne vous prendrait pas tellement de temps, de toute façon vous en passez pas mal dans la maison.
Si seulement nous osions avouer où nous en sommes et admettre, vous comme moi, nos peurs. Est-ce que vraiment cela vous ferait déchoir de votre précieuse compétence professionnelle ? Est-il
vraiment exclu que nous communiquions comme des personnes, de façon qu'à l'heure où se sera mon tour de mourir à l'hôpital, j'ai auprès de moi des amis ? "
Célèbre lettre, anonyme, écrite en février 1970.
Son original est paru (en anglais) dans "The American Journal of Nursing Company."
Traduite dans le livre d'Élisabeth KUBLER-ROSS, La Mort dernière étape de la croissance,
Éditions du Rocher. 1985. p. 51 à 53.
je viens de lire ce texte que je ne connaissais pas cela m'a beaucoup emue ,je suis aide soignante en 2 eme annee DIU soins palliatifs , je fais ce DIU justement pour pouvoir accompagner au mieux les personnes en fin de vie,les aider dans la vie jusqu'a la mort .Je voudrais proposer a mon etablissement d'integrer les benevoles dans cet accompagnement quelles demarches doit faire la direction pour que nous puissions faire intervenir des benevoles ?Je pense que nous en avons reellement besoin pour former une chaine autour du patient .Merci de me donner des pistes pour pouvoir le suggerer a ma direction