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Vendredi 19 février 2010 5 19 /02 /Fév /2010 10:57

J'ai peur ! 
Je suis élève infirmière et je vais mourir. 

J'écris cette lettre à vous toutes qui vous préparez à devenir infirmière, dans l'espoir de vous faire partager ce que je ressens, afin qu'un jour vous soyez peut-être mieux capables d'aider les mourants. 
J'ai encore à vivre entre un et six mois, un an peut-être, mais personne n'aime aborder ce sujet.
Je me trouve donc en face d'un mur solide et désert qui est tout ce qui me reste. Le personnel ne veut pas voir le malade mourant en temps que personne et par conséquent ne peut communiquer avec moi. Je suis le symbole de votre peur, quelle qu'elle soit , de votre peur de ce que nous savons que nous devrons tous affronter un jour.

Vous vous glissez dans ma chambre pour me porter mes médicaments ou prendre ma tension, et vous vous éclipsez une fois votre tâche accomplie. 
Est-ce parce que je suis élève infirmière ou simplement est-ce en tant qu'être humain que j'ai conscience de votre peur et sais que votre peur accroît la mienne ? 

De quoi donc avez vous peur ? 
C'est moi qui meurt. 
J'ai conscience de votre malaise mais je ne sais que dire ni que faire. Mais je vous prie de me croire, si vous vous souciez de moi, vous ne pouvez me faire de mal. Admettez seulement que vous avez ce souci : je n'ai besoin de rien d'autre. Ne vous sauvez pas. Patientez. Tout ce que j'ai besoin de savoir, c'est qu'il y aura quelqu'un pour me tenir la main quand j'en aurai besoin. 
J'ai peur.

Peut-être êtes vous blasés sur la mort: pour moi, c'est nouveau. 
Mourir, ça ne m'est jamais arrivé. 
C'est en quelque sorte l'occasion unique. Vous parlez de ma jeunesse , mais quand on est en train de mourir, on n'est plus tellement jeune. Il y a des choses dont j'aimerais parler: ça ne vous prendrait pas tellement de temps, de toute façon vous en passez pas mal dans la maison.
Si seulement nous osions avouer où nous en sommes et admettre, vous comme moi, nos peurs. Est-ce que vraiment cela vous ferait déchoir de votre précieuse compétence professionnelle ? Est-il vraiment exclu que nous communiquions comme des personnes, de façon qu'à l'heure où se sera mon tour de mourir à l'hôpital, j'ai auprès de moi des amis ? "

Célèbre lettre, anonyme, écrite en février 1970.
Son original est paru (en anglais) dans "The American Journal of Nursing Company."
Traduite dans le livre d'Élisabeth KUBLER-ROSS, La Mort dernière étape de la croissance,
Éditions du Rocher. 1985. p. 51 à 53.

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Commentaires

afin de comprendre pour mieux accompagner,j ai obtenu un du et diu en soins palliatifs .je suis aide soignante et etre aux cotes de la personne qui meurt me parait tellement essentiel .lui apporter les soins de confort ,le respect et pouvoir repondre a ses besoins,ces gestes font partis également de notre rôle et nous rapellent également que nous aussi nous mourrons un jour et surtout pas seuls.
Commentaire n°1 posté par Peron chantal le 30/01/2011 à 05h24

je viens de lire ce texte que je ne connaissais pas cela m'a beaucoup emue ,je suis aide soignante en 2 eme annee DIU soins palliatifs , je fais ce DIU justement pour pouvoir accompagner au mieux les personnes en fin de vie,les aider dans la vie jusqu'a la mort .Je voudrais proposer a mon etablissement  d'integrer les benevoles dans cet accompagnement quelles demarches doit faire la direction pour que nous puissions faire intervenir des benevoles ?Je pense que nous en avons reellement besoin pour former une chaine autour du patient .Merci de me donner des pistes pour pouvoir le suggerer a ma direction

Commentaire n°2 posté par grolier le 20/08/2011 à 19h28
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