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La souffrance des soignants
Vue par : Louis PLOTON Professeur de gérontologie
Définition: La souffrance est une expérience prolongée, désagréable, d’origine physique ou psychologique, ayant des effets physiologiques et psychologiques délétères.
En clinique on parle de « burn-out », qui n’est pas parallèle au nombre des soignants, avec une persécution et une dévalorisation qui évoque le fonctionnement psychique des soignés.
A quoi référer cette souffrance?
Culpabilité: ne pas pouvoir répondre à la demande, différence entre idéal et réalité;
Objectifs inadéquats: tout soigner, empêcher de mourir, stimuler (nécessité de changer d’objectifs: confort, relation, prendre soin…)
Formation inadéquate: centrée sur les seuls besoins matériels (le psychologique n’est pas à ajouter mais à mettre en perspective de ceux-ci).
Confrontation au vieillard « déchu »: inversion des rôles traumatique; dimension agressive de la relation: incontinence, incompétence, troubles du comportement…)
Vertige de toute puissance: ambivalence, fantasmes parricides (appui sur les seules barrières internes)
Omniprésence de la mort, avec
absence d’un temps pour: la vie, la mort, le deuil;
Transfert de responsabilité
Question du deuil:
un entrant chasse l’autre, décès non annoncés, morts escamotés, non enterrés psychologiquement (deuil préventif, partiel, anticipé, impossible, en suspens…)
Crise de l’investissement et identification impossible au patient;
Situation paradoxale (limiter la vie pour
protéger de la mort).
Mécanismes mis en place pour pallier la souffrance :
Personnels hôteliers, dits « de service »,
Aides-soignants,
Infirmiers,
Médecins,
Psychologues ….
Inadaptation de l’hôpital :
Pédagogie et volontarisme, individus
interchangeables (démotivation: oui = non) institutions clonables;
Circulation d’informations et de consignes, absence d’appareil « à penser le soin » où poser la question du sens de nos actes et de la façon de faire;
Priorité au « faire » et aux solutions techniques; illusion de maîtrise par la mise en place de procédures;
Hiérarchies concurrentes
aux préoccupations incompatibles.
La crise autour des ultimes soins :
Identifier de quelle souffrance on parle, car risques:
Deux attitudes: évacuer le problème avec le malade/ déplacer l’agressivité sur le médecin
Question centrale de l’incapacité de penser :
Absence d’appareils à penser où ce qui est dit, fait, ressenti puisse prendre sens pour pouvoir maîtriser ce qui se passe en l’inscrivant dans une logique;
Absence références théoriques concernant la vie psychique, la famille, l’institution (ex concept de pactes relationnels implicites, de fonction des événements, de mécanismes de défense etc.)
Savoir et pouvoir identifier les phénomènes d’attaque à la pensée, comme source de souffrance
Exemple de phénomènes traumatique: agressivité, intimidation, angoisse, délire, projections, confusion, urgence vitale, demande, menaces, séduction… qui sont autant de:
- modes d’affolement, de neutralisation, de sidération émotionnelle et intellectuelle des intervenants; jouant un rôle central dans les phénomènes d’épuisement psychique au travail.
- modes de défense, modes d’adaptation (faute de mieux) modes de présentation de soi, modes d’expression.
Question de l’incapacité de penser :
Les mauvaises solutions: s’organiser pour ne pas voir (soignants interchangeables malades interchangeables, rotations, etc.) mais on voit sans en avoir conscience et on souffre de ne rien pouvoir métaboliser.
Une solution « faute de mieux »: l’analyse clinique pluridisciplinaire.
Rôle du psychologue dans la mise en place d’un « cadre d’élaboration d’hypothèses »
Louis PLOTON
Professeur de gérontologie, psychiatre
Laboratoire « Psychologie de la santé et du développement »
Université
LUMIERE LYON-2
Article visible sous forme de diapositive en cliquant sur le lien ci-dessous :
La souffrance des soignants par Louis Ploton
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