Partager l'article ! Sur l’insuffisance du temps consacré à l’écoute du patient par J-J PUJO: Bien sûr, on peut être en colère quand on est aupr ...
Accompagnement de la personne
en fin de vie
"Quand la déraison dépasse la raison, il y a encore quelque chose à faire"
"Il faut du
temps pour mourir comme Il en faut pour naître,
certains en ont plus besoin que d'autres"
Le service téléphonique qui informe
ou écoute toutes les questions
relatives à la fin de vie
- 0 811 020 300 -
du lundi au samedi de 8h00 à 20h00
(Prix d'un appel local)
Document à télécharger sur le site
de l’Institut national de prévention
et d’éducation à la santé (Inpes) : ![]()
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Numéro national contre la maltraitance
des personnes âgées
et des adultes handicapés
qui se sentent victimes de maltraitance
Bien sûr, on peut être en colère quand
on est auprès d’un parent malade et que l’on s’aperçoit que le personnel soignant ne fait que passer pour les soins, changer une couche ou apporter le plateau-repas, jamais ou presque pour parler
et surtout pour écouter le malade, ce qu’il ressent face à son devenir, etc.… Et pourtant ce n’est pas l’envie qui manque à ces soignants mais le temps. Le personnel se débrouille comme il peut
pour ''boucler'' le boulot.
À qui la faute ? Il faut savoir que le personnel n’a pas le temps de s’appesantir sur la souffrance morale du patient, il a d’autres tâches à accomplir, par exemple le nettoyage d’une chambre
après le décès d’un malade; on pourrait penser que cela incombe à un service spécialisé de l’hôpital, et bien non, c’est le personnel soignant de l’unité qui doit s’en charger : une grosse
machine pour nettoyer les sols, le reste à la main, à quatre personnes, cela dure près de deux heures.
Et pendant ce temps, qui s’occupe des malades ? Le reste du personnel est déjà surbooké, donc toujours pas le temps. Et je ne vous parle pas de la nuit !
Il reste le psychologue du service, quand il y en a un, c’est là aussi une question de budget.
(Les trois quarts des psychologues travaillent dans les hôpitaux psychiatriques où ils s’occupent des malades mentaux. Un petit nombre travaille dans les hôpitaux généraux).
A ce sujet, lire le mémoire : Le psychologue face à la situation de crise en service…
Il reste les accompagnants bénévoles qui font un travail remarquable mais ne sont pas utilisés comme ils pourraient l’être : peu ou pas de demande de la part des structures hospitalières ou des
maisons de retraite, ce serait pourtant une bonne solution pour permettre l’écoute des patients afin de rompre leur solitude.
Ce manque de temps est dû essentiellement au manque de personnel, l’hôpital est géré comme une entreprise, budget à respecter, embauche minimum, personnel en arrêt maladie pour cause de fatigue
excessive, de stress, etc.
Dans un service, il est très rare que le personnel soit au complet, les chefs de service en savent quelque chose et passent une partie de leur temps à jongler avec les plannings afin d’essayer de
combler les trous des absences.
Bref, le sacro-saint planning des infirmières et aides-soignantes, en mouvement perpétuel reste la plaie vive des hôpitaux, chacun sait que les besoins augmentent et que les budgets sont
totalement figés.
Alors vous dirons les soignants, "il faut se blinder, ne pas s’attacher aux malades, ce qui n’enlève pas les sentiments que l’on éprouve pour certains, mais en
général on ne le montre pas, ou peu, pas de temps à perdre, seul le geste technique compte car d’autres lampes s’allument, il faut y aller "; quant au patient qui est près de la fin, si la famille n’est pas présente (ce qui dans l’idéal devrait être le cas), et bien il reste
seul, le personnel passant de temps en temps voir ''si tout va bien''.
Pour rappel : Une étude menée en long séjour (CEC 1983 à 1985), en laissant des magnétophones à déclenchement vocal dans les chambres des patients. 120 secondes de communications verbales soignant- patient par 24 heures en moyenne, certaines bandes restant vierge de tout mot, pour des patients n'extériorisant rien, ou ne paraissant rien comprendre! (Étude réalisée en respectant les normes d'éthique et de confidentialité).
Cela suffit souvent à permettre au patient de ne pas s'enfoncer dans un syndrome d'immobilisme toujours iatrogène, c'est à dire fabriqué par l'institution. (Rappelons que ce syndrome d'immobilisme conduit le patient âgé à la grabatisation, avec blocage des articulations et plaintes continuelles ou mutisme. Il représente en fait une sorte de suicide à petit feu pour cause de malheur immense.)
Ce qui ressort de mon écrit, c'est le mot TEMPS. Tout est là.
Et l'amour, la compassion dans tout cela ?
La réponse est : quand on aura le temps !
Jean-Jacques PUJO
Accompagnant bénévole
Voir ci-dessous un forum traitant du même sujet :
http://www.soignants.com/sn/newbb/viewtopic.php?topic_id=1587&start=0
souffrance des soignants, manque de temps pour être à l'écoute du patient,"burn out", tout est lié , car rien ne va plus: on forme à foison des infirmier(e)s en dévalorisant ce beau métier et son diplôme et dans ce contexte , on crée un ordre infirmier , alors qu'il faudrait tout simplement soulager l'infirmièr(e) des tâches administratives en les confiant à des secrétaires médicales . Car toutes ces taches, téléphonne ,RDV ....nous occupent , au détriment des soins et du temps à consacrer aux malades , aux familles... ET nos cadres infirmiers , je leur imposerait 15 à 20ans de métier en pool de remplacement afin qu'ils acquièrent une bonne expérience avant de faire l'école de cadres ,ce qui leur permetteraient de mieux comprendre leurs collègues et de mieux cerner les problèmes qui traversent les soignants.
personnellement , je ne parlerait pas de"blindage" mais de distance,dans la relation: la distance soignant-soigné. Je suis infirmière diplômée depuis 1998, je suis dans les soins depuis 1974, à l'époque diplômée auxilliaire-puèricultrice, j'accueillais le nouveau né à la naissance. Un jour , je n'ai pas eu le choix , le gynécologue a déposé un bébé mort-né dans mes bras . J'ai fait face à la situation, je m'en suis occupé comme un autre pour le présenter aux parents puis j'ai par la suite assisté à l'autopsie, puis en 1976 diplôme d'aide soignante , 1er stage en gériatrie , dès le 1er jour , accompagnement d'une mourante , personne âgée souffrant d'une occlusion intestinale , j'ai pris le temps , je lui ai tenu compagnie jusqu'à la fin .
c'est exactement ce que j'ai ressentie il manque d'humanisation dans les hopitaux nous ne sommes que des numeros de chambre et les soins ne sont pas adaptés à la souffrance morale des patients. je viens de perdre ma mère le 01/01/2011, en attente d'une place en soins palliatifs. est ce normale ?