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Numéro national contre la maltraitance
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et des adultes handicapés
qui se sentent victimes de maltraitance
Les changements sociologiques majeurs tels que, l'urbanisation, la recomposition et l'éclatement géographique des familles [1]*, le triomphe de l'individualisme et du matérialisme [2] mais aussi le fait que la société soit plus technique, hygiéniste, moins religieuse [3] et qu'elle ne croit plus à l'échange symbolique avec ses morts [4], font que les rites sociaux traditionnels ont tendance à diminuer voire disparaître [2].
Mais si l'on cherche, comme en France, à dédramatiser la mort, à en faire une affaire privée et à personnaliser le deuil [5] il n'y a pas pour autant de nouveaux rites mais des rites modifiés et de nouvelles pratiques [6].
Or, ces pratiques, générées notamment par la crémation des défunts, qui évoluent vers un "petit sacré personnel", et ses drames que l'on consommerait en solitaire, peuvent entraîner des deuils pathologiques, car lorsque les rites ne fonctionnent pas les morts reviennent tourmenter les vivants [5].
"Un rite, c'est un ensemble d'actes et de signes matériels à haute teneur symbolique, marquant à la fois l'expérience d'un changement perçu comme mystérieux, sinon menaçant pour l'existence et appelant le dépassement". Luce des AULNIERS (Directrice de la Revue Frontières) [7].
Les rites révélateurs des valeurs et croyances essentielles d'un groupe social ou culturel, médiatisent au niveau de l'individu et de son groupe d'appartenance, les différents événements de la vie [8]. Pour cela, fonctionnant tous sur le même principe, ils assurent trois fonctions, celle d'indiquer que l'on quitte un groupe pour un autre, de marquer ce temps de passage et de permettre de canaliser, voire masquer ses émotions, [6].
S'articulant entre le collectif et l'individuel, les rites peuvent donc se concevoir comme donnant un sens collectif aux événements individuels [9].
Les rites funéraires, parade à l'angoisse et à l'isolement [10] sont une production collective qui amène l'individu à partager une même conception de la mort [11]. ils permettent de contrôler les forces qui menacent une collectivité [7].
* Pour les références citées veuillez vous reporter à la bibliographie
Ils possèdent une dimension symbolique, générée par une culture capable de s'approprier la mort, de l'intégrer à la vie sociale et personnelle, et une dimension initiatique pour celui qui les vit.
Ils ont une fonction thérapeutique et éducative : thérapeutique car en soulignant la réalité de la disparition, ils empêchent de nier la mort et aident même à la penser [11] et en permettant la dramatisation, ponctuelle, des sentiments individuels, ils évitent pour l'individu et la société tout débordement ultérieur. Educative car ils inculquent des valeurs à la société [7].
Ils donnent un rôle à chacun [11], et font agir, d'abord pour retenir puis pour autoriser la coupure avec le corps, devenu autre, et permettre ainsi au souvenir d'exister.
Avec eux, il s'agira alors autant de régler le devenir du mort et de permettre son souvenir que de maîtriser symboliquement les effets angoissants et destructeurs de la perte et de la mort [7].
Enfin, ils proposent une signification religieuse à la mort elle-même comme passage à l'au-delà [11].
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